14.6.09

posture, imposture

9.1.09

Critique algérienne

Dix ans, presque, après la publication séminale de Premier Roman, premier roman de celle qui restera toujours, pour nous, Madame Pingeot, voici la publication d'une critique étrange parue dans un journal algérien qui vient bousculer les études mazarines et les réveiller de leur sommeil dogmatique.

Le cimetière des poupées de Mazarine Pingeot
Un roman à la 1re personne

Ecrit à la 1re personne, le roman est d’une lecture agréable tant il est bien écrit et même si le contenu est désappointant.
Intéressant à lire, le roman dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas : la vie intime, les crudités du langage, les désirs, les rêves, bref tout ce que chacun fait dans la discrétion, par peur du qu’en dira-t-on pouvant porter préjudice à son image vis-à-vis d’autrui.
Le «je» du locuteur est de quelqu’un qui ne décline pas son nom même s’il est en quête permanente de quelque chose d’essentiel pour une vie équilibrée et épanouissante. Le monologue, s’adressant souvent à un «tu» anonyme réel et pris à témoin, est tour à tour l’expression d’une frustration dérangeante, sinon d’une forme d’égocentrisme ou d’un narcissisme dont on peut devenir l’origine par une série de déductions. Donc, on laisse aux lecteurs le soin de deviner son interlocuteur en fonction du message.
Il arrive que «je» évoque des vérités par bonnes à dire. L’auteur fait défiler ses personnages comme pour se soulager en s’adressant à un interlocuteur qui a dû occuper une place importante dans sa vie. On n’est donc pas dans un roman classique où chacun évolue dans on microcosme spécifique sans que les rôles n’aient été bien définis.
On a l’impression aussi de voir un «je» tentant de reconstituer, comme dans un puzzle, des faits et événements qui ont marqué sa vie. Le roman n’a pas de chronologie, il s’inspire de la technique du nouveau roman ; on peut le considérer aussi comme en partie autobiographique. Les poupées semblent avoir véhiculé des souvenirs précis d’une vie d’enfance au milieu d’un couple mal assorti au sein duquel la fillette prend une figure de proue. Elle est là et il faut se résigner à son sort même si elle n’avait pas été désirée. On lui a acheté des poupées pour l’occuper, se débarrasser d’elle pour discuter, mais elle paraît trop esseulée pour en prendre soin et se concentrer dans un jeu d’enfants. Le cimetière des poupées, à moins que cela soit une métaphore ou un métonyme, renvoie à une image familière d’un parterre de maison jonché de poupées abîmées par la faute de la fillette turbulente.
Nous pouvons comprendre qu’il s’agit d’une fille gâtée par sa mère de bonne situation matérielle : «Toutefois s’il y a une chose qu’on ne peut reprocher, c’est sa générosité à mon égard, surtout après la mort de grand mère, elle dépensait sans compter, peut-être oubliait-elle qu’elle m’avait acheté une poupée le mois précédent.» Et continuant de parler du massacre qu’elle fait subir aux poupées, elle continue par je : «Vers quatorze ans, j’ai cessé le génocide. Les livres m’ont sauvée de ma solitude. J’avais l’impression d’un dialogue».
A mesure qu’on avance en lecture, l’un et l’autre des protagonistes se font des reproches, celui de m’avoir pas évité le pire dans une aventure, comme celle de faire un enfant dans une relation extraconjugale ou d’avoir une grossesse non désirée, d’être contre l’avortement, «comment peut-on, dans le ventre, dit-elle, arracher la vie, qu’un homme, qu’un étranger, intervienne dans votre corps». Et chacun de se culpabiliser, à qui mieux mieux.
Le cimetière des poupées peut-être perçu à l’inverse de «la vie dans les plis» de Henri. Michaux,dans la mesure où rien n’est caché, dans un style de haute tenue littéraire, et que tout est à découvrir par les paroles de celle qui parle crûment parce qu’elle est le fruit de ce qu’on devrait appeler «une bêtise humaine», comme celle d’être un enfant naturel.
On imagine deux acteurs d’une même aventure agissant dans l’ombre, une femme et un homme où la femme dit : «Nous avons manqué de fiction tous les deux, alors que la fiction est la seule chose de donner un sens, la seule façon de se sentir exister.
Notre vie n’a l’allure d’aucun récit, tu n’en auras pas, satisfais-toi de l’innommable».
On a du mal à prendre ce livre pour un roman, tel qu’il est conçu par l’auteur. On préférerait l’appeler «chronique familiale» philosophe de formation encore jeune pour fourbir ses armes, Mazarine Pingeot, femme de lettres et agrégée de philosophie, a la plume acérée et un franc parler très vif.
Boumediene A.
Mazarine Pingeot, Le cimetière des poupées, roman
Ed Sedia, 2008, 141 pages


25-12-2008


23.1.08

Ouille !

Méchant méchant, le Nouvel Obs et le libraire [Gérard Collard, libraire à la «Griffe Noire» (Saint-Maur-des-Fossés)]

Bibliobs. - Vous avez dans votre librairie une poubelle mythique. Qui en a les honneurs en ce moment ?

Gérard Collard. - Mazarine Pingeot. Ça fait trois mois que la fille de Mitterrand est dans un frigidaire avec des baigneurs. A Noël, on avait mis son livre, «Le Cimetière des poupées», à l'entrée de la librairie sur la moquette avec une inscription: «Marchez dessus du pied gauche, ça porte bonheur».

14.9.07

Etouffé...

Le CEMaPi, Centre d'Etudes Mazarine Pingeot, a été étouffé par l'abondance de textes publiés suite à la sortie du Cimetière des Poupées...
Signalons simplement ce petit article dans l'Express :

Mazarine, écrit vain
par Jérôme Dupuis
Ce Cimetière des poupées est - déjà! - son cinquième roman. Scolaire et ampoulé.

Pourra-t-on, un jour, lire un roman de Mazarine Pingeot d'un oeil parfaitement objectif? Le moins que l'on puisse dire est que la principale intéressée ne nous y aide pas vraiment, posant enceinte à la Une de Paris Match, «dans la maison de ses vacances avec François Mitterrand», ou choisissant, pour la quatrième de couverture de ce Cimetière des poupées, un passage éminemment ambigu, qui semble dresser son portrait autant que celui de son héroïne.

La confusion n'est guère possible, pourtant. Le roman est la longue confession d'une mère infanticide depuis la cellule de sa prison. Pourquoi a-t-elle fini par tuer celui qu'elle venait d'enfanter? Sujet intéressant.

Une litanie nourrie d'obsessions prévisibles
Mais, sous couvert d'explorer éros et thanatos, notre agrégée de philosophie aligne tous les marronniers des pages psycho-sexe de Cosmopolitan : la première nuit avec mon amant (page 35), le choc de la paternité (page 65), la lassitude dans le couple (page 89), etc. Et lorsqu'elle s'aventure dans la scatologie ou la lubricité, on a le sentiment de voir une adolescente en col Claudine s'effrayant elle-même de son audace à arracher les ailes d'une mouche.

Certes, ce Cimetière des poupées a sa petite musique. La petite musique que produit une litanie un peu monotone, nourrie d'obsessions prévisibles. Le décor? Un appartement bobo, un époux éditeur et quelques cocktails mondains. Le style? Ampoulé. Exemple: «Que tiennent les promesses quand la nuit s'y met, les images me débordent, je ne les contiens plus, mon seul succès est d'avoir anéanti ma capacité gestuelle, l'énergie du moindre effort, ce qui empêche le passage à l'acte et circonscrit au délire mes désirs irrespectueux.» Et quand le lecteur est arrivé à la dernière page de ce petit roman semblable à tant d'autres, il ne peut réfréner une lancinante interrogation: so what ?

25.8.07

cimetiere des poupees - suite

BientôtDivorcée écrit : «Mazarine doit jubiler : Au moment où elle sort son bouquin sordide, paf, une autre affaire de bébés congelés. Y'en a au moins une à qui ça profite. (...) elle va faire péter le box office et je crois que ce n'est pas la peine de lui suggerer son prochain sujet, elle l'a déjà ; "le prédateur gonflé au Viagra".»

Sur le blog Fnac, Adèle Verde, de son côté, écrit : «Au milieu de la foule de nouveautés de cette rentrée, il me semble que le livre de Mazarine Pingeot ne passera pas inaperçu : non parce qu’il soulève une tempête médiatique autour de son sujet, mais plus simplement parce qu’il est très réussi.»

Une conclusion que ne partagent pas les rédacteurs de "parutions.com" :
Que l’auto-fiction, sport national, obsession germanopratine, fatigue ! A force de lire, relire et overdoser de toutes ces littéraires complaintes, qui sur son viol, qui sur l’adultère de qui, qui sur une éducation bourgeoise mal assumée, aidé par un quelconque fait divers, on finit par vouloir trouver un coupable. Que l’on nous montre le méchant inventeur de cette littérature d’un mauvais genre, apanage des fils, femme, copain, fille de quidam bien placés, habiles à la plume – comme beaucoup – mais souffrant d’une carence alarmante d'imagination… Oui, qui ? Qu’on lui règle son compte!… Il en fera sans doute un roman…
Mazarine Pingeot s’agite dans cette mare aux lettres, soulignant et décrivant ad nauseam les états d’âme – sans supplément… - d’une autre elle-même.
(...) à vrai dire, comme pour les lamentos de managères trompées sur TF1, et peu importe le style : on s’en fout.


L'écrivaine Marie Ferran, sur TourmentsD'Achab consacre deux billets à l'Affaire :
Le thème est à la mode dans la littérature de cette rentrée. Il n’est pas certain qu’il faille parler de mode encore moins d’écriture thérapeutique. Lorsque, il y a trois ans, j’ai commencé à écrire mon premier roman « Terrasse » ( que j’avais appelé « Descendance ») dans lequel il est question de la mort d’un enfant, d’un garçon de deux ans et du deuil de ses parents, plus précisément du deuil du père, je n’ai pas choisi ce thème, il s’est imposé à moi.

et Mazarine et les faits divers.

Parmi les autres nouvelles : Mazarine Pingeot sera chroniqueure dans une émission humoristique. Elle « est venue nous voir avec une idée géniale que je garde encore secrète » déclare l'amuseur-présentateur.

23.8.07

Bébés morts. La suite. (avec Darrieussecq)

Quelques réactions sur internet suite à la présence du Mazalivre dans les bonnes librairies :

Steppique écrit :
C'est "Bouche Cousue" qui m'a révélé Mazarine Pingeot. J'y ai trouvé réponse à certaines inexplications de la vie de François Mitterrand jusqu'à comprendre que ses racines angoumoises l'avaient prévenu de faire un second mariage d'amour. (...)
Le style de Bouche Cousue était facile et nerveux, je ne sais ce qu'il en est du dernier. Les critiques disent déjà que ce cinquième est le roman de la maturité. Comme le temps passe !

Franc Parler sur lemonde.fr écrit :

Qui fera concurrence au livre présidentiel… ou presque ? Un livre de fille cachée (de moins en moins, quand même) d’ex-président. Le cimetière des poupées, de Mazarine Pingeot. Presse favorable, pour elle aussi. Et j’ai un a-priori favorable pour Mazarine. Elle au moins n’est pas coupable de la détestable pièce “Art”, où tous ceux qui considèrent qu’un monochrome n’est pas de l’art ont trouvé prétexte à s’esbaudir.


Autres bébés morts
Dans Le Parisien :
Noir c'est noir. Plus fort que Mazarine : dans « Tom est mort » (POL), Marie Darrieussecq autopsie la douleur d'une mère face à la mort de son petit garçon. Dans « le Contemplateur », de Stéphane Héaume, chez Anne Carrière, il est aussi question d'enterrer un enfant avec une pelle. Chez Grasset, enfin, il faudra inventer un prix gore pour Georges-Olivier Chateaureynaud et son éviscération de cadavre proposée à un adolescent.

(En passant Tom est mort est l'occasion d'une dispute entre Camille Laurens, l'auteure d'un autre livre sur un bébé mort, et Marie Darrieussecq, accusée de "plagiat psychique")

Et enfin, la revue académique Gala (Gender and Anthropology of Literary Authors) propose un album photo de Mazarines à tout âge.

21.8.07

Dans le journal suisse "24 heures"

Une critique élogieuse du Cimetière des Poupées dans 24 heures :


Rentrée littéraire: Mazarine Pingeot jette un froid
RENTREE LITTERAIRE : Avec son cinquième roman, l'excellent «Le cimetière des poupées», où elle fait parler une mère infanticide, la fille de Mitterrand acquiert un statut d’écrivain. Seule réserve, elle l’acquiert dans l’ombre d’une autre grande figure mitterrandienne, celle de Marguerite Duras.

© Crédit photo | Enceinte de son deuxième enfant, Mazarine Pingeot a décidé de ne plus regarder en arrière. | Escher Rodolphe/Gamma

MARIE-CLAUDE MARTIN | 20 Août 2007 | 23h18
«Peut-être qu’au cinquième roman, on arrêtera de penser que je suis publiée pour de mauvaises raisons», déclarait en 1998 Mazarine Pingeot, fille de François Mitterrand, au journal «Le Monde». L’heure est venue de son cinquième roman. «Le Cimetière des poupées», longue lettre d’une mère infanticide à l’adresse de son mari, est un monologue puissant, dérangeant, subtil, violent de frustration et d’amour mal vécu. Le roman mérite toute l’attention de la critique. Pourtant, c’est encore une fois pour de «mauvaises raisons» que Mazarine Pingeot, 33 ans, fera l’événement de cette rentrée littéraire.
Il n’a fallu qu’un mot pour qu’explose la polémique. Le mot «congélateur» lâché à l’avant dernière page du «Cimetière des poupées» pour que Mazarine Pingeot soit accusée de faire son miel de l’affaire dite «des bébés congelés.» Rappel des faits: Jean-Louis Courjault, Français travaillant en Corée, découvre le 26 juillet 2006 deux petits cadavres dans le congélateur du domicile conjugal à Séoul. Un test ADN révèle qu’il s’agit de ses enfants. Sa femme Véronique, 37 ans, avoue alors un double infanticide, et même un troisième qui remonte à 1999. Elle dit avoir agit seule, à l’insu de son mari qui n’a rien su de ses grossesses. Incarcérée à Tours, Véronique Courjault attend d’être jugée. .
Fin du régime d'exception
Mazarine Pingeot, aidée de son éditeur Fayard, se défend de toute similitude avec ce fait divers qui l’a fascinée mais auquel il n’est jamais fait référence, du moins explicitement, sinon par le fameux congélateur: «très beau d’un point de vue romanesque puisqu’il permet de conserver, de rendre éternel», explique-t-elle à «Paris-Match», dont elle fait la couverture, enceinte de son deuxième enfant. Comme n’importe quel people, elle se plie à l’image d’une maternité glorieuse et à l’idéal d’une famille sans histoire. Elle voit dans cette «banalité» le signe de son affranchissement, la fin du régime d’exception dont elle a souffert pendant très longtemps. Idem pour ses activités professionnelles. Elle la normalienne, l’agrégée en philosophie, aime jouer les chroniqueuses sur Europe 1, se faire photographier sur la Croisette en train de faire du rap ou prendre le risque d’être jugée par le plus grand nombre en animant, à la rentrée, une émission de TV.
Ecrire loin du père
Avec «Le Cimetière des poupées», sa première authentique fiction, Mazarine Pingeot entend faire de même: rompre avec la veine autobiographique. Ecrire loin du père. Sortir de son ombre. Voler de ses propres ailes. Signer Pingeot et mériter de sa propre gloire. Mission réussie? Pas tout à fait tant le livre résonne de sa propre histoire: enfant née à l’insu de tous, petite fille chérie, adorée, mais tenue au secret par un père qui l’a affublée d’un prénom qui ressemble à un nom de code, une supercherie, une bonne farce faite au monde. Pourtant, certains savaient. Françoise Giroud notamment, qui l’a raconté dans «Le bon plaisir», un roman à clés publié aux éditions….Mazarine. Ce père-là, aimant et tout puissant, est assez proche de la narratrice du « Cimetière des poupées» qui ôte la vie de son enfant pour le protéger du monde. L’Ogre n’est pas loin…la pythie non plus.
Sublime, forcément sublime
La pythie? Marguerite Duras, amie intime de François Mitterrand, et auteur du désormais célèbre «sublime, forcément sublime», texte dans lequel elle «voyait» Christine Vuillemin en train de tuer son petit Gregory, alors que sa culpabilité n’a jamais été établie. Pour l’auteur de «L’Amant», ce crime était un crime d’amour. Mazarine Pingeot parvient à la même conclusion avec son héroïne, dont on ne connaît ni le nom, ni le prénom, mais dont on apprend que, petite fille, elle était fascinée par Barbe-Bleue et qu’elle enterrait ses Barbies dans le jardin. Cette même enfant qui plus tard, devenue épouse modèle, n’a qu’une envie, faire payer à son mari son indifférence sadique. Mazarine, héritière de Duras? Sans doute pas mais gardienne de la mitterrandie, assurément. D’ailleurs n’est-ce pas elle qui a préfacé l’année dernière «Le Bureau de la poste de la rue Dupin», un livre qui regroupe quelques uns des entretiens entre l’écrivain et le président de la République?

20.8.07

Revues de Blogs : Le Cimeterre des critiques s'aiguise

Jean-Michel Aphathie (ou son remplaçant) recevait Mme Pingeot ce lundi matin sur RTL. Vous pouvez écouter le podcast - interview en mp3.

Charles Bremner le correspondant du Times de Londres à Paris écrit :
It's hard to know what to make of Mazarine Pingeot. The natural daughter of the late President François Mitterrand has made a modest name for herself as a novelist and wants, she always says, to be treated on her literary merits alone. She deplores the media's appetite for sensation of the kind that surrounded her childhood as secret daughter of the president's mistress. Yet Pingeot, 33, is pretty deft at stirring sensation for her own ends.
(...)
Pingeot, whom I found likeable and unpretentious when I visited her at home a couple of years ago, seems to have inherited the fascination for death for which her late father was famous. It is tempting to seek in her novel traces of her own life. Before her existence was revealed and she went on to earn a high philosophy degree, she lived a protected life in a state mansion while her president-father kept the docile French media and a novelist away from his private life.

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Un commentaire critique sur le panurgisme...

Paris-Match consacre sa couverture au ventre mazarine :
Drôle de situation pour parler d’infanticide… Dans « Bouche cousue », Mazarine Pingeot racontait la douleur de perdre un bébé. Au moment où elle publie « Le cimetière des poupées » (Julliard), l’histoire d’une mère meutrière, elle nous confie sa joie d’être à nouveau enceinte… Mais toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé est purement fortuite, nous affirme-t-elle. Ce cinquième livre a pourtant créé la polémique avant même sa parution. En cause, la ressemblance avec un fait divers dramatique : l’affaire des deux bébés de Véronique Courgeault, tués et placés dans un congélateur. On disait de François Mitterrand qu’il était un héros de roman : sa fille est une romancière. Avec Mohammed Ulad, son compagnon et le père de son premier fils, Astor, 2 ans, elle présente toutes les apparences d’une vie banale et heureuse, mais ne nie pas une certaine fascination pour les monstruosités. L’ex-enfant sage, agrégée de philosophie à 22 ans, a le goût des tragédies qui font les livres dont on parle.
La suite, vite, la suite

Sur fluctuat : une polémique bien fraiche

Extrait d'un billet du blog Livres de Fluctuat

Une polémique bien fraîche pour le nouveau Mazarine Pingeot
Quoi de mieux qu'une polémique pour se distinguer sur le pléthorique marché littéraire de la rentrée ? Celle qui entoure depuis un mois la parution (prévue aujourd'hui si je ne m'abuse) du Cimetière des poupées de Mazarine Pingeot est un modèle du genre. Le livre raconte le repentir d'une mère infanticide. Elle explique par lettre à son mari pourquoi elle a tué l'un de ses bébés.
[...]
Il faut vraiment être de l'Indre-et-Loire pour penser qu'une pétition et une mobilisation locale ne vont pas provoquer le contraire des effets escomptés.
Evidemment, Julliard publie le livre quand même, évidemment celui-ci profite d'une publicité inespérée et évidemment, nos amis du 37 passent pour des cons en voulant censurer a priori un livre qu'ils n'ont pas lu.
La Suite

La fille de Mitterrand et le frigo célèbre

Paru dans "Le Matin" de Genève :

«Le cimetière des poupées»
De Mazarine Pingeot. Ed. Julliard. 153 p. Sortie le 20 août.
La fille de Mitterrand et le frigo célèbre
Alors qu'elle s'apprête à accoucher de son deuxième enfant, Mazarine Pingeot publie «Le cimetière des poupées», un roman qui a créé la polémique un mois avant sa sortie. L'ouvrage, racontant l'histoire d'une mère infanticide qui garde son nouveau-né mort dans son congélateur à l'insu de son mari, rappelle inévitablement l'affaire Courjault. Si le roman va bénéficier de cette polémique, Mazarine Pingeot confie qu'elle «s'en serait bien passée». «Cette famille a assez souffert et elle n'avait pas encore besoin d'être mise sur le devant de la scène. D'autant que ça n'avait pas lieu d'être, il ne s'agit pas de leur histoire. C'est vraiment une polémique de journalistes.»
L'écrivaine souligne cependant que «les faits divers doivent questionner les écrivains. L'écriture est là pour se confronter à l'impensable et à l'incompréhensible, et dans le cas d'un infanticide c'est frappant.» Intéressée par les liens conscients ou inconscients entre fiction et réalité, elle lira assurément le livre de Yasmina Reza. «Je suis très curieuse, notamment de son statut littéraire entre la biographie et le roman.»

26.7.07

Revue de presse : "congélateur", Mazarine et pétition

Dans Libération, «Mazarine jette un froid» :
Mazarine jette un froid
Par rotman charlotte
QUOTIDIEN : jeudi 26 juillet 2007
Voilà, le mot est lâché. Ecrit noir sur blanc, page 153. «Le congélateur» fait son apparition dans le roman de Mazarine Pingeot, qui doit sortir le 22 août. Le Cimetière des poupées est le récit d’une mère infanticide, écrit à la première personne, depuis sa prison. A la fin de sa confession, on comprend qu’elle avait conservé dans sa cave le cadavre de son bébé réfrigéré. «Je l’ai mis là, à côté, pas loin, qu’il reste sous la main, idéal et froid.»
Surprise. Cette narration a déclenché une pétition de protestation de l’entourage du couple Courjault, dont la femme est mise en examen pour l’assassinat de trois de ses bébés. Deux d’entre eux avaient été retrouvés dans le congélateur familial, à Séoul, l’été dernier. Ce n’est pas la première fois que les écrivains s’inspirent de faits divers: Emmanuel Carrère et l’affaire Romand, Philippe Besson et celle du petit Grégory, David Foenkinos et l’histoire de Florence Rey, pour ne prendre que les exemples les plus récents. «Mazarine Pingeot, comme tous les écrivains, a le droit de s’emparer d’un événement qui l’a particulièrement touchée et d’imaginer, à travers une histoire totalement inventée et en créant des personnages de pure fiction, de sonder les ressorts et les mystères de l’âme humaine», font savoir les éditions Julliard, qui la publient. L’écrivaine s’est étonnée de cette polémique, hier sur France Info: «Je sais ce que c’est que d’entrer dans la vie privée des gens pour en faire étalage. Ç’aurait été la dernière démarche à laquelle j’aurais pu procéder.»
Il n’y a pas de nom, pas de prénom dans le Cimetière des poupées. Les régions, et les villes ne sont pas les mêmes: pas de Souvigny-de-Touraine, de Villeneuve-la-Comtesse, en encore moins de Corée du Sud où les Courjault ont vécu. La mère est en prison, tout comme Véronique Courjault qui attend son procès. Elle aussi a deux garçons. Voilà.
«Chienne». L’affaire «des bébés congelés» éclate l’an dernier. Mazarine Pingeot situe son récit en avril 1999, comme pour se protéger de tout lien avec l’actualité, comme si inventer un cadre, et une époque enracinait le récit dans une autre réalité. La narratrice raconte qu’elle fut une petite fille qui aimait Barbe bleue, enterrait ses Barbie, et n’arrivait pas à déféquer. Puis une jeune femme maladroite, une épouse soumise et terrorisée - «à moi, on ne dit rien, on ordonne» -, qui couchait les enfants tôt, rangeait la maison afin d’éviter les reproches d’un mari pour qui l’amour physique «est une flagellation». Sur les murs de la prison, elle écrit «chienne, salope, putain, connasse, vieille vache à traire, pourriture, pour me rappeler qui je suis».
«Pour vous, je suis passée à l’acte, je suis sortie du champ social, je suis devenue la reine, la folle, la sorcière, ces personnages qu’on montre du doigt avant de rentrer chez soi, soulagé.» Ce n’est pas forcément comme ça qu’on imagine Véronique Courjault dans sa cellule. Reste le congélateur, et sa cohorte d’images.


Gérard154 (quel nom !) veut "boycoter" le livre (et il a déjà commencé à boycotter l'orthographe...) :
l'affaire du livre de Mazarine
Mazarine Pingeot alias Mazarine Mitterrand à (sic) écrit un livre en prenant reférence à l'affaire "courjault" (affaire toujours en cours d'enquete et non juger (sic) d'ailleurs)le livre traite d'une femme qui a tuer (sic) ses enfant et les a congeler (sic) et cette femme de sa cellule (en prison) ecrit à son epoux des lettres pour lui expliquer pourquoi elle a commit (sic) cet acte.Comment peut on se mettre dans la peau de cette femme et parler à sa place sur un sujet aussi affreux et douloureux ,mazarine pense t'elle (sic) detenir la vérité sur cette histoire.
Moi personnellement j'en doute.
J'aurais plutot attendu d'elle un livre traitant de comment ,sous pretexte d'etre la fille cacher (sic?), d'un chef d'etat on est elever (sic) et eduquer (sic) au frais (sic) de l'etat (donc du contribuable).
Pour moi la seule façon de faire savoir à Mazarine que sont (sic) livre tire plus de la littérature a scandale que du roman, c'est de boycoter (sic) ce livre, je ne pense pas qu'il faille l'interdire,mais ne pas l'acheter et une bonne façon de dire notre desacord (sic) sur le sujet.
source


Litteratura.net voit dans cette affaire un symptôme... :
Avec cette nouvelle rubrique intitulée la Liberté d'écrire nous entamons une réflexion sur les rapports fiction - réalité en littérature en prenant comme point de départ l'actualité et la sortie prochaine du livre de Mazarine Pingeot : Le cimetière des Poupées.


Un romancier provincial et vaguement régional, est horrifié :
Au 25/07/07, la lecture des nouvelles me provoque une nausée. Le monde littéraire français aime à se rouler dans la boue. Mazarine Pingeot, qui n'utilise pas le nom de son célèbre papa deux fois président, se montre à la hauteur des manoeuvres dans l'ombre de celui-ci. La romancière, non contente d'utiliser un fait divers graveuleux comme source d'inspiration, n'a pas la décence d'attendre la fin de l'instruction pour nous assèner son jugement. Pour qui se prend-t-elle?


Retour à Libération, qui a été voir ce qui se passe à Chinon :
A Chinon, une pétition de soutien pour les Courjault
Personne n’a vu le texte ni lu le livre dans le fief de la famille des bébés congelés. Mais chacun a son idée.
Par DIDIER ARNAUD
QUOTIDIEN : jeudi 26 juillet 2007
Tout le monde voudrait bien la signer. Mais personne ne l’a vue. La pétitio d’indignation et de soutien à la famille Courjault contre le livre de Mazarin Pingeot, c’est l’arlésienne de Chinon (Indre-et-Loire). On l’a lue dans l journal local, on en a entendu parler dans les médias, mais on ne l’a jamai touchée des doigts. Pas plus au tabac, qu’à la boucherie chevaline, ni dans l rue
Pas de pétition, pas plus d’initiateurs. Ceux qui l’ont lancée font la sourde oreille. Dans un premier temps, Marie-Françoise Canal fait dire qu’elle est «partie en vacances» pour se reposer. Les journalistes l’ont épuisée. Finalement, de sa boutique de vin à l’entrée de la ville, elle répond qu’elle a fait ça pour «laisser ces gens un peu tranquilles». Ces gens : le père et les enfants Courjault. Marie-Françoise Canal affirme qu’elle aurait réussi à collecter 200 signatures de soutien à la famille.
Derrière Mme Canal se profile l’ombre de Geneviève Courjault, la grand-mère paternelle. Tout «étonnée» de l’ampleur médiatique que prend ce mouvement.
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25.7.07

Interview de Mme Pingeot sur France-Info

Interview au format MP3, au sujet de l'affaire "Cimetière des poupées". Mazarine Pingeot au micro de France Info

Du croustillant... ou du congelé ?

Dans Le Monde :
Mazarine Pingeot, le roman et le congélateur
LE MONDE | 25.07.07 | 12h09 • Mis à jour le 25.07.07 | 12h12
La mise en vente de ce livre est prévue le 27 août, nous vous remercions de ne pas publier d'article avant cette date", précisait le "prière d'insérer" qui accompagnait l'envoi aux rédactions du dernier roman de Mazarine Pingeot. Le Cimetière des poupées se penche sur une mère, qui tente d'expliquer, dans une longue lettre à son mari, comment elle est devenue meurtrière du fils qu'elle a porté à l'insu de tous.
Il y a bien ce mot, "congélateur", à la page 154 d'un livre qui en compte 155, prononcé par cette mère confiant qu'elle a mis l'enfant mort "là, à côté, pas loin, qu'il reste sous la main, idéal et froid" sous "les piles de quiches et de légumes, de steaks hachés, de plats cuisinés", mais on y trouve surtout beaucoup d'échos à l'enfance de l'auteur de Bouche cousue.
Et voilà qu'une rumeur – opportune ? – l'a précédé en Indre-et-Loire, où vit la famille de Jean-Louis Courjault. Son épouse, Véronique, a avoué un double infanticide après la découverte, en juillet 2006, par son mari, de bébés dans leur congélateur. Elle avait accouché en secret.
L'instruction est en cours à Tours. Apprenant cette publication, la mère de Jean-Louis Courjault, Geneviève, a écrit à l'éditeur et à l'auteur pour leur demander de surseoir à la publication. Dans la lettre adressée à Mazarine Pingeot, Geneviève Courjault priait celle qui a bénéficié si longtemps de la discrétion des autres sur son existence de fille cachée de François Mitterrand, de comprendre le souci qui était le sien. Ces lettres sont restées sans réponse.
Blessée, Geneviève Courjault en a parlé autour d'elle et un comité de soutien s'est constitué pour faire part de son indignation face à la parution du livre tant que l'affaire n'a pas été jugée. Une pétition aurait recueilli 200 signatures.
Le 22 juillet, les éditions Julliard ont réagi en indiquant qu'"il n'existe aucun lien d'aucune sorte entre le roman et cette terrible affaire", tout en soulignant que l'auteur "a le droit de s'emparer d'un événement qui l'a particulièrement touchée" pour "sonder les mystères de l'âme humaine". Mazarine Pingeot a à son tour réagi, mercredi, sur France Info, en disant "comprendre les angoisses" de la famille Courjault. Et en expliquant savoir, pour l'avoir vécu, ce que sont les atteintes à la vie privée.
L'avocate de Véronique Courjault, Me Hélène Delhommais, a précisé que sa cliente "n'a pas l'intention d'intenter une quelconque procédure contre ce livre, dont nous ignorons le contenu et auquel nous ne voulons pas faire de publicité". C'est pourtant chose faite.
Pascale Robert-Diard

Un communiqué de Mme Pingeot :
Société

Mazarine Pingeot assure que son dernier roman n'a "rien à voir" avec l'affaire des bébés congelés
AP | 25.07.2007 | 12:21


Mazarine Pingeot a assuré mercredi que son prochain roman, "Le Cimetière des poupées", n'a "rien à voir" avec l'affaire dite des "bébés congelés".
"Ce livre n'a rien à voir avec cette affaire", a expliqué sur France-Info l'écrivain, en réaction à une pétition lancée pour suspendre la parution du roman attendue le 22 août chez Julliard.
"Ça m'a beaucoup étonnée, cette polémique", a avoué la romancière, à qui Geneviève Courjault, la mère de Jean-Louis Courjault, dont l'épouse Véronique est mise en examen pour trois infanticides, a adressé une lettre. Quelque 200 personnes ont par ailleurs signé une pétition lancée à Chinon dans la Nièvre pour demander la suspension du livre.
"Je conçois les angoisses de Mme Courjault, et c'est tout à fait légitime", a-t-elle expliqué, estimant "extrêmement touchante" la lettre envoyée par Mme Courjault. Mazarine Pingeot s'est toutefois défendue d'avoir lu "quoi que ce soit sur cet infanticide et sur les autres qui ont suivi".
"Je n'ai absolument pas voulu faire quelque chose d'historique, ni un documentaire, ni une enquête ou quelque chose de journalistique", a-t-elle insisté. "Pour moi, le thème de l'infanticide, c'est un thème qui remue métaphysiquement des questions extrêmement importantes, (...) notamment pour une femme".
Relativisant les "similitudes apparentes" entre l'intrigue de son cinquième roman et l'histoire du couple Courjault, la fille du défunt ancien président François Mitterrand a estimé que cette "petite polémique" était surtout due à son identité. "C'est parce que je m'appelle Mazarine Pingeot. Si ça avait été un autre écrivain, on n'en aurait jamais entendu parler".
"Je suis assez habituée à ce genre de choses, et justement, une des raisons pour lesquelles je n'aurais jamais pu écrire sur l'affaire Courjault", a-t-elle souligné. "Je sais ce que c'est que de rentrer dans la vie des gens pour en faire étalage. Ç'aurait vraiment été la dernière démarche à laquelle j'aurais pu procéder. Ça me paraît évident". AP

23.7.07

Cimetiere des poupees, suite

Les suites de l'Affaire Poupées-Pingeot :
  • le blog d'un avocat spécialisé dans les successions et les héritages ajoute son grain de droit.

  • Un reportage au journal télévisé de France2 (fichier vidéo)

  • Le Temps raconte (c'est en suisse, mais cela ne pose pas de problème de traduction) un truc étrange :
    Ordinateurs volés
    Le 13 mars 2007, le domicile parisien de Mazarine Pingeot fait l'objet d'un cambriolage. Une cible elle aussi fortuite? Pas si l'on en croit l'objet du rapt. Ni argent, ni bijoux, mais deux ordinateurs, - dont l'un contient son roman à venir. Avant même d'être entièrement rédigé, Le cimetière des poupées est déjà un objet de controverse.
    En fin de semaine dernière, les rares journaux qui avaient évoqué la sortie du livre de Mazarine Pingeot, prévue le 20 août, ont reçu une pétition de quelque 200 signatures réclamant l'interdiction du livre.

  • Fait divers et fiction
    Ce qui est en train d’arriver à Mazarine Pingeot, nonobstant les éventuelles prépublicités, orchestrations, ou contre-publicités, est arrivé à tous les écrivains français qui ont voulu s’emparer d’un fait divers retentissant. De Philippe Besson l’an dernier à Thierry Jonquet bien avant lui, tour d’horizon de quelques récents faits divers littéraires avant de revenir, en son temps, sur le roman de Mazarine Pingeot.

  • Lettre ouverte à Mme Pingeot
    Chère Madame,
    Vous êtes brillante, vous avez fait l'école normale supérieure [de Saint-Cloud, note de la rédaction], vous êtes agrégée de philosophie, vous êtes chroniqueuse littéraire ou vous l'avez été en tous les cas.

    En 2003, vous publiez un essai :"Ils m'ont dit qui j'étais" chez Julliard. En 2005 vous sortez "Bouche cousue", toujours chez Julliard et à ce moment là vous me séduisez ou en tous les cas votre récit m'interpelle et me bouleverse.
    lire la suite, c'est beau


  • Des blogueurs ont lu
  • Clément, ou Dorian Gray : "Votre serviteur a reçu ce livre en service de presse il y a deux semaines. Il s’est empressé de le lire, et comme certains de ses collègues, l’a trouvé bon."
    yasor écrit : "Je persiste et signe, 'Le cimetiere des poupées" de Mazarine Pingeot (Juillard) est un livre remarquablement écrit dont le sujet, certes, dérange. Cependant, je me range du coté de mon mystérieux collègue, Dorian Gray, (dont je finirai bien par deviner l'identité, one day...) qui l'a lu aussi, et aimé, et qui trouve, comme moi, la position de l'editeur assez floue...'

  • BEBES CONGELES Polémique autour du prochain livre de Mazarine Pingeot

    BEBES CONGELES Polémique autour du prochain livre de Mazarine Pingeot
    NOUVELOBS.COM | 22.07.2007 | 15:31

    La parution, le 20 août, du "Cimetière des poupées", dernier roman de la fille de François Mitterrand serait inspiré de l'affaire des bébés congelés.

    La parution, le 20 août, du "Cimetière des poupées", dernier roman de Mazarine Pingeot, provoque un début de polémique, rapporte Le Parisien dans son édition du dimanche 22 juillet. Le cinquième ouvrage de la fille de François Mitterrand serait inspiré de l'affaire des bébés congelés révélée le 23 juillet 2006, en Corée du sud. Jean-Louis Courjault avait alors découvert dans son congélateurs le cadavre de deux nouveau-nés. L'enquête avait conduit en prison, Véronique Courjault, sa femme, déjà mère de deux enfants, qui avait avoué le meurtre des bébés. De son côté, l'écrivain met en scène l'histoire d'une mère infanticide d'un nouveau-né, mère de deux enfants, qui explique à son mari comment elle a caché le corps dans le congélateur. Des analogies qui ne plaisent pas aux habitants de Chinon, village dont est originaire la famille Courjault. Toujours selon le Parisien, une pétition, qui a recueilli 200 signatures, a été lancée pour faire interdire le livre.


    Nombreuses réactions sur le site du Nouvel Obs.

    Dans Le Parisien l'on pouvait en effet lire :

    Fait Divers AFFAIRE COURJAULT.
    Bébés congelés : le livre de Mazarine sème le trouble Renaud Domenici
    dimanche 22 juillet 2007 | Le Parisien

    Un an après la découverte macabre des bébés congelés à Séoul, et alors que Mazarine Pingeot s'apprête à publier un roman inspiré du terrible drame, le trouble et l'émoi suscités par cette affaire ne cessent pas.
    Il y a un an éclatait l'affaire des « bébés congelés ». Le 23 juillet 2006, Jean-Louis Courjault trouvait deux corps de nourrissons dans le congélateur de sa maison de Séoul, en Corée du Sud. Au moment de l'anniversaire de cette découverte macabre, la parution prochaine d'un livre de Mazarine Pingeot (lire ci-dessous), visiblement inspiré par cette affaire sans en être pour autant le calque, sème le trouble à Chinon, berceau de la famille Courjault.

    Cette mère de famille infanticide, âgée de 38 ans, et incarcérée à Orléans, est mise en examen pour assassinat, après ses aveux des meurtres de trois de ses bébés. L'un mis au monde en 1999, en France, alors que le couple vivait à Villeneuve-la-Comtesse (Charente-Maritime), les deux autres nés en 2002 et 2003, alors que le couple était expatrié à Séoul. Elle avait expliqué à chaque fois avoir accouché seule à son domicile puis étranglé de ses mains les bébés. Elle avait précisé aux enquêteurs avoir brûlé le premier, les deux autres avaient été placés dans des sacs plastique et mis dans le congélateur.

    Au-delà de ce drame, on n'apprécie guère, sur la terre des Courjault, la « publicité » autour de l'affaire, liée à la prochaine parution du roman de la fille de l'ancien président François Mitterrand. Au point qu'une pétition, en vue de faire interdire ce livre, dont la parution est prévue pour septembre, a recueilli près de 200 signatures en quelques heures. « Nous sommes très choqués. Tout d'abord parce que cela concerne des gens de chez nous, et ensuite parce que l'affaire n'est pas jugée, résume un porte-parole à l'initiative de la pétition, Marie-Françoise Canal. Véronique Courjault a deux enfants qui sont déjà traumatisés, cela va les replonger dans cette histoire, ils n'ont pas besoin de cela. »

    « Même si on ne met pas en doute la culpabilité de cette mère de famille, on doit préserver ses deux enfants »

    « J'attends que l'on me présente la pétition, je vais la signer. Même si on ne met pas en doute la culpabilité de cette mère de famille, on doit préserver ses deux enfants. C'est tout même étonnant de voir Mazarine ignorer cela, elle qui a été préservée et mise à l'abri des médias lorsqu'elle était jeune... Elle devrait comprendre ! », s'indigne la tenancière du bistrot de la Place. « Il est trop tôt pour un livre, Véronique Courjault n'a pas été jugée, ses proches sont dans le malheur, son beau-père vient de mourir et ses enfants sont traumatisés ! », s'exclame une riveraine. Samedi matin, quelques Chinonais pétitionnaires songeaient à des actions pour s'opposer à la parution. Ils viennent d'écrire, pour s'indigner, à tous les médias nationaux, et la mère de Jean-Louis Courjault s'est émue auprès de la maison d'édition Julliard.

    Sur le plan judiciaire, l'instruction criminelle est toujours en cours. Les enquêteurs se sont livrés ces derniers mois à une série de fouilles dans les différents domiciles occupés par la famille Courjault. Fouilles demeurées infructueuses. Les premières expertises psychiatriques ont été réalisées, défavorables à Véronique Courjault. Des contre-expertises ont été demandées. Les conclusions des experts au sujet du père, Jean-Louis Courjault, l'ont reconnu comme étant « crédible » lorsqu'il dit ne pas avoir vu ni su que sa femme était enceinte. Il demeure néanmoins mis en examen pour « complicité d'assassinat », libre sous contrôle judiciaire. Il continue d'élever les deux enfants du couple. Le procès ne devrait pas se dérouler avant l'automne 2008.


    Autres précisions dans une Dépèche AFP.

    Résumé et couverture du Cimetière des poupées sur le site à Robert (Laffont)

    Nombreux commentaires sur le Blog de Pierre Assouline

    Un Extrait du roman est disponible chez l'éditeur de Mme Pingeot :
    J'avais mis des bottes, j'étais sûre d'avoir du succès, elles étaient si chères. Je ne t'ai pas parlé de la dépense, tu m'aurais fait des reproches, c'est sûr. Mais je pensais que vu le prix, on les remarquerait. Il y avait une femme, avec un chapeau, un chapeau, comment dire, ni rond ni carré, un chapeau de détective, le même, presque le même que ma mère gardait en souvenir de mon père. C'est tout ce qu'il lui a laissé, il l'a abandonné, dans une pièce quelconque, il l'a oublié là, avant de claquer la porte une bonne fois pour toutes, devant ce ventre infâme que je déformais.
    Tout le monde n'avait d'yeux que pour elle, parce qu'elle était belle je crois, mais je ne pouvais m'empêcher de penser que c'était à cause du chapeau. Alors mes bottes, bien sûr.


    Ailleurs sur internet :
    • Rue89 : Mazarine relance l'affaire Courjault
      Comme le dit avec une certaine philosophie un confrère de la Nouvelle République du Centre Ouest : “Nous avons déconseillé aux amis des Courjault de lancer cette pétition, en leur expliquant que cela allait provoquer ce qu’ils veulent éviter: une polémique. Mais ils n’ont pas voulu nous écouter… Après la dépêche de l’AFP, TF1 a débarqué.” Trop tard, la polémique de l’été est lancée.

    • Le Figaro :
      Le troisième roman de la fille de François Mitterrand s'inspirerait de l'affaire Courjault.
      Mazarine Pingeot a peut-être trouvé une publicité inespérée pour son prochain roman. Le Cimetière des poupées, annoncé en librairie le 20 août, serait directement inspiré de l'affaire des bébés congelés, dont Véronique Courjault a avoué le meurtre.
      Si le court texte - 150 pages - n'a pas encore été rendu public, à Chinon, en Indre-et-Loire, sur les terres des Courjault, il fait déjà grand bruit. Au point que des proches de la famille ont décidé, ces dernières semaines, de lancer une pétition visant à interdire sa publication.

    • La Nouvelle République du Centre écrit :

      Il y a quelques semaines, les médias apprenaient que la romancière Mazarine Pingeot allait sortir, à la rentrée, un livre sur l'affaire Courjault. Première sur le coup, la fille de l'ancien président de la République s'assure ainsi un « buzz » médiatique et un succès littéraire quasi certains.

      Mais le livre, qui devrait s'intituler « Le Cimetière des poupées », n'est pas du goût de tout le monde. Surtout à Chinon, terre des Courjault. Là-bas, près de deux cents personnes se sont mobilisées et ont signé une pétition en vue de faire interdire la publication du livre en septembre.
      Une pétition qu'ils ont ensuite envoyée à tous les médias ayant fait paraître un article sur le futur livre de Mazarine Pingeot. La mère de Jean-Louis Courjault s'est même chargée d'en envoyer une à la maison d'édition Julliard.
      « Lorsque nous avons appris la sortie de ce livre, nous avons été très choqués. D'abord parce que cela concerne des gens de chez nous. Ensuite, parce que l'affaire n'est pas encore jugée. Mais surtout parce que les Courjault ont deux jeunes enfants », explique Marie-Françoise Canal, à l'initiative de la pétition. « Ces deux petits sont déjà traumatisés et là, cette femme va les replonger dans cette histoire, car il est évident qu'il y aura un énorme battage médiatique et ils en entendront parler ! »
      Pour autant, le groupe de Chinonais ne souhaite pas faire définitivement interdire le livre. « Je trouve simplement qu'il est trop tôt, ne serait-ce que parce l'affaire n'a pas été jugée. Et il ne s'agit pas non plus d'une attaque contre l'auteur. Nous n'avons rien contre Mazarine Pingeot. Pourtant, je pense que cette petite a sans doute apprécié que les médias la laisse tranquille durant son enfance. Pourquoi ne fait-elle pas de même ? »

    • Sur Le Nouvel Observateur, un commentaire du journaliste Bernard Geniès :
      Interdire un livre que personne (ou presque) n’a lu ?
      NOUVELOBS.COM | 23.07.2007 | 12:31

      C'EST UN ENTREFILET publié dans son édition du 21 juin par notre confrère Le Point qui a mis le feu aux poudres. Sous le titre "Poupées surgelées", on apprenait que Mazarine Pingeot allait publier en septembre "un petit roman directement inspiré de l’histoire de Véronique Courjault, actuellement incarcérée pour avoir assassiné trois de ses bébés". Un comité de soutien de la famille Courjault a réagi à cette publication, s’indignant de la parution de ce livre tant que l’affaire n’aura pas été jugée.
      Petit problème : cette polémique surgit alors que le roman de Mazarine Pingeot, "Le cimetière des poupées" (éd. Julliard), ne sera mis en vente que le 20 août. Si le livre a été distribué dans les rédactions, il n’a pas été lu à ce jour par ceux qui demandent, ou son interdiction, ou le report de sa publication. Etrange démarche qui consiste à s’insurger contre un ouvrage que personne (ou presque) n’a ouvert. Etrange démarche quand on sait aussi que le livre en question ne cite aucun nom de famille, aucun nom de lieu (sauf quatre : la Bourgogne, la Beauce, Bordeaux et Paris). Que le meurtre de l’enfant (et non de trois comme dans la réalité) n’est évoqué que dans les quatre dernières pages du récit.
      Certes, on ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre la fiction écrite par Mazarine Pingeot et l’affaire Courjault. Mais le roman -la confession de la narratrice meurtrière- n’est en rien un retour à la réalité (comme pouvait l’être par exemple celui de Philippe Besson, "L’enfant d’octobre", sur l’affaire Villemin). D’autre part, les proches de la famille Courjault affirment vouloir éviter de replonger les deux enfants du couple dans cette tragédie. Un souci légitime. Mais lorsque l’on relit les articles que la presse a consacrés à cette affaire en juillet 2006, on ne peut s’empêcher de noter que les aspects les plus sordides de ce fait divers s’étalaient dans certains journaux à longueur de colonnes. Un quotidien, dans son édition du 13 octobre 2006, publiait même à la une un portrait de Véronique Courjault accompagné d’un titre affirmant "C’est un monstre". A notre connaissance, il n’y a eu aucune polémique… B. G.

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